La reprise de l’activité après 3 mois d’arrêt n’est pas passé inaperçue dans les comptes des entreprises et clubs. Les structures peuvent de nouveau renflouer les caisses après des mois très compliqués sur le plan économique et mental. Même s’il faudra de nombreux mois ou années avant que la vie ne reprenne entièrement son cours, les clubs doivent déjà faire les comptes et déterminer s’ils survivront à cette crise.
De son côté, l’AS Voltaire s’appuie sur une équipe de direction sérieuse et stable qui a su faire perdurer le club dans le temps. Mais c’est bien la première fois que le COMEX a été réuni pour faire le point sur la santé économique de l’association. Après des négociations ardues, nous avons pu avoir accès au compte rendu de la réunion.
A l’image d’un comptable, la direction a identifié les recettes et les dépenses du club pendant la période de confinement. Les résultats sont surprenants…
Les dépenses
Le championnat et les coupes ont été suspendus dès lors que le gouvernement a imposé le confinement pour tous. Alors que chaque match officiel d‘UFOLEP nécessite un arbitre officiel, c’est le club receveur qui se doit d’indemniser l’arbitre pour sa prestation et son déplacement. Ces frais s’élèvent en moyenne à une vingtaine d’euros par match. La suspension des rencontres signifie que le trésorier n’a plus sortit son chéquier depuis mars dernier. Bilan : 0€ dépensé.
Qui dit compétition, dit effectif complet. Et c’est peut être là que le bas blesse puisque Coach Lucas a dû jongler (50 du droit, 50 du gauche, 30 de la tête tu connais) entre de nombreux blessés et absents tout au long de la saison, à croire qu’on avait le préparateur physique de l’OL (heureusement, pas de croisés). Le groupe a même parfois disputé des matchs à 12 ou 13… C’est la raison pour laquelle le club investit chaque année dans une équipe de scout pour superviser les pépites de la métropole lilloise et s’étoffer. Mais la suspension des compétitions a réduit à néant la supervision de joueurs. Le club devra s’en remettre aux rapports de Football Manager. Bilan : 0€ dépensé.
Et comment se développer si on ne communique pas ? Le service communication a dû se serrer la ceinture pour maintenir le lien avec sa communauté de fans sans pour autant mettre la main au porte monnaie. Adieux les campagnes sponsorisées sur Facebook et le référencement SEA via Adwords. Les publications sur les réseaux sociaux et le blog suffiront pour le moment. Bilan : 0€ dépensé.
Même si la période a grandement impacté le budget des clubs, il semble que l’AS Voltaire a réussi à limiter la casse pour ne pas se retrouver dans le rouge.

Les recettes
Fort heureusement, un club génére aussi des revenus qui lui permettent de participer au compétitions, d’investir dans ses infrastructures et de développer ses équipes de licenciés.
La première source de revenue est la billetterie. Pour une équipe qui jouait presque tous ses matchs à guichets fermés, se retrouver sans supporters aux abords des terrains a été dur à encaisser (pourtant Fabien était sur la trajectoire). Tu connaissais l’adage « pas de bras, pas de chocolat » ? Et bien maintenant c’est « pas de matchs, pas de billets vendus ». Bilan : 0€ récolté.
Mais de nombreux clubs ont trouvé la solution pour générer encore plus revenus : le trading de joueurs. Le principe est simple, il faut acheter un jeune joueur talentueux pour 3 cacahuètes (ou bretzels, ça dépend de ce que tu as dans tes placards) et le faire jouer quelques temps pour qu’il prenne de la valeur. Au bout d’un an ou deux, tu le revends pour un gros billet à un cador ou à un pigeon. Et hop, beaucoup d’argent sans trop d’efforts ! Mais le système présente des limites car lorsque le joueur ne joue plus, sa valeur diminue. C’est ce qui s’est passé avec Vincent Orain. Alors qu’il enchaînait les bonnes prestations, ça côte montait doucement. Mais l’arrêt du championnat a freiné sa progression et sa valeur n’a pas décollé. Par conséquence, il partira comme il est arrivé : gratuitement. Bilan : 0€ récolté.
Et si la troisième stratégie était la bonne ? Un club qui gagne des trophées suscite l’intérêt des marques et entreprises qui recherchent de la visibilité. C’est en sponsorisant le maillot d’une équipe que l’on se fait un nom à l’échelle nationale et internationale. Suite à sa victoire en coupe régionale Gaston Soetens l’année dernière, il semblait évident que les entreprises locales allaient se jeter sur le maillot de Voltaire, mais en vain… L’institution manque surement de rayonnement (problème d’ensoleillement, notre terrain est exposé nord est) pour pouvoir prétendre à de telles sollicitations pour la saison 2019/20. Bilan : 0€ récolté.

Grâce à toutes ces économies, le club est parvenu à maintenir son EBITDA (bénéfice avant intérêts, impôts et amortissements) dans le positif. Ces nouvelles ont fortement rassuré les « nombreux » actionnaires du clubs qui étaient prêt à se retirer en cas de désastre économique. Même si un EBITDA positif signifie qu’une entreprise est rentable mais pas forcément bénéficiaire, il faut saluer les efforts réalisés par le Prés Jérôme pour maintenir le club à flot (rien à voir avec Cécile, jadis secrétaire des verts, car Voltaire joue en orange). Le club prépare maintenant la saison 2020/21 et reste ouvert à toutes collaborations !
